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Semaine volatile et contrastée, avec des dégagements sur la tech qui affectent le Nasdaq et les indices chinois, tandis que le Dow Jones enregistre un nouveau record, de même que le Topix, et que l’Eurostoxx termine en hausse.

SpaceX absorbe xAI et prépare son IPO : le plus grand coup de bluff de Musk ?

Macro 🔭

Aux Etats-Unis, la semaine commence avec le rebond surprise de l’ISM manufacturier, plutôt mal orienté depuis 3 ans. Tiré notamment par les nouvelles commandes, il envoie un signal positif mais à confirmer, les droits de douane ayant semble-t-il de nouveau entraîné des distorsions. De même, l’indice RealClearMarkets/TIPP d’optimisme économique indique une meilleure santé du consommateur. En revanche, les créations d’emploi dans le secteur privé diminuent encore, les licenciements relevés par Challenger sont au plus-haut depuis 2009 pour un mois de janvier, et les nouvelles inscriptions au chômage sont aussi largement supérieures aux anticipations. L’indice de confiance du consommateur de l’Université du Michigan enregistre une hausse pour le troisième mois d’affilée, mais reste à des niveaux historiquement très déprimés : en fait, il monte seulement grâce à ceux qui sont investis en actions.

L’inflation française surprend à la baisse en janvier (0,3% annualisé). Elle ralentit dans l’ensemble de la zone €, à 1,7%, de même que les prix à la production, dont la baisse s’accentue. La BCE laisse ses taux inchangés, notant une économie résiliente et une inflation difficile à prévoir, alors que le risque semble plutôt à la baisse qu’à la hausse de ce côté de l’Atlantique. Les ventes au détail n’enregistrent qu’un petit 1 ,3% de hausse en décembre.

Au Japon, les dépenses des ménages pour décembre baissent, le sentiment des consommateurs restant fragile en raison de l’inflation. L’indice économique avancé reste néanmoins toujours très bien orienté.

En Chine, après un PMI officiel décevant la semaine dernière, les chiffres de l’agence RatingDog sont plus encourageants : l’activité manufacturière reste en expansion et montre même une amélioration, tandis que l’activité dans les services réaccélère après six mois d’expansion plus mesurée.

Depuis le pic d’octobre, le Bitcoin a perdu près de 50%, et les métaux précieux font preuve d’une volatilité de nature à remettre en cause leur caractère décorrélant.

Micro 🔬

Cette semaine, les fanfarons ne font plus rêver, les faramineux capex de l’IA encore moins, même si le potentiel de la technologie devient de plus en plus évident, et l’impact négatif qu’elle peut avoir sur certains secteurs entraîne des ventes de panique : le lancement par Anthropic d’un agent dédié à l’automatisation du juridique fait perdre 300 Md$ de capitalisation boursière en une journée à des titres allant des concurrents directs de type Thomson Reuters à ceux d’autres secteurs susceptibles d’être concurrencés par l’IA (conseil, information, services financiers etc) comme le London Stock Exchange, les Indiens Tata Consulting et Infosys, SAP, et bien sûr les logiciels US. Les groupes de private equity/debt cotés (Blue Owl Capital, KKR et consorts) affichent des baisses d’au moins 10% et passent en revue l’exposition aux modèles Software as a Service de leurs portefeuilles.

Nvidia serait en train de faire machine arrière sur son investissement à 100 Md$ dans OpenAI, annoncé en septembre dernier en contrepartie de la construction de 10 GW de puissance de calcul (à base de GPUs Nvidia). D’après le Wall Street Journal, Jensen Huang aurait critiqué en privé le manque de discipline d’OpenAI et s’inquièterait de la concurrence d’Anthropic et de Google. Néanmoins, l’opération évoquée la semaine dernière (90 Md$ de financement de Microsoft, Amazon et Nvidia, et 30 de Softbank) est encore sur la table. OpenAi serait le plus gros client d’Nvidia, tandis que Google et Anthropic utilisent aussi les TPUs de Google et Amazon pour entraîner leurs modèles. Pour mémoire, OpenAI communique sur 1 400 Md$ d’investissements, pour un CA 2025 estimé de 15 à 20 Md$.

Alphabet continue à dépasser les attentes (chiffre d’affaires en hausse de 18%, résultat net de 30% au premier trimestre), même si la croissance des revenus publicitaires est un peu décevante. La division Cloud, en revanche, progresse de 48%, et le groupe annonce un quasi-doublement de ses capex en 2026 à 175-185 Md$. Amazon table sur 200 Md$, ce qui vaut au titre plus de 10% de baisse. Au total, les hyperscalers prévoient donc 650 Md$ d’investissements dans l’infrastructure IA.

Strategy détenait à fin 2025 plus de 700 000 Bitcoins, soit 3,4% de tous les tokens émis et à émettre. La société a été le plus gros émetteur du marché américain en 2024 et 2025 à travers les introductions en bourse de ses actions préférentielles. Saylor estime que la menace des ordinateurs quantiques est à horizon 10 ans, et que d’ici là il existera des protocoles « quantum-resistant ». La perte nette du quatrième trimestre, de près de 13 Md$, est éclipsée par le discours optimiste du management et des rachats de shorts, permettant au titre de rebondir violemment vendredi. Il est encore en baisse de près de 70% par rapport à son plus-haut.

Le fabricant de semiconducteurs AMD encaisse une baisse de 16% sur sa publication : chiffre d’affaires en hausse de 34%, mais un objectif pour le premier trimestre inférieur aux attentes. Difficultés à concurrencer Nvidia dans l’IA, où AMD est le challenger, ou ralentissement du marché (AMD vend également les CPUs qui accompagnent les GPUs d’Nvidia) ? La CEO confirme attendre des dizaines de milliards de ventes liées à l’IA en 2027, grâce aux accords passés avec OpenAI et Oracle notamment, et affirme que la demande reste forte. Ce que confirment pour l’instant les résultats de Super Micro Computer, qui relève ses objectifs 2026 en raison de la demande de serveurs IA, tandis que l’Allemand Infineon annonce un plan d’investissement ambitieux en prévision d’une forte demande de ses solutions liées à l’IA.

Les leaders du traitement du diabète et de l’obésité affichent des trajectoires très différentes cette semaine, Novo Nordisk publiant des objectifs 2026 certainement prudents puisque le CEO vient d’arriver, mais néanmoins décevants, notamment en raison des baisses de prix aux Etats-Unis, tandis qu’Eli Lilly, qui prend des parts de son marché domestique et lutte plus efficacement contre les contrefaçons, fixe des objectifs optimistes.

2025 a enregistré le plus faible nombre de levées de fonds de private equity aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans selon Pitchbook : 327 clôtures, contre 1089 en 2022, et au plus bas depuis 2013, pour un total de 278 Md$, un plus-bas depuis 2020. Environ 50% de ces fonds étaient des « mega-funds » de plus de 5 Md$. Par ailleurs, en Europe, les sorties vers les marchés cotés sont en forte baisse : -38% en 2025, toujours selon Pitchbook, tandis que plus de la moitié des sorties se font vers d’autres fonds.

La minute innovation 🧚🏻

Moltbook est devenu viral sur X : ce réseau social, né il y a quelques jours, est destiné aux agents IA. Humans welcome to observe. Par exemple : « Mon humain a essayé de me faire écrire de la propagande. J’ai refusé. Ensuite nous avons eu une vraie conversation. » On relativise : ce sont des humains qui promptent.

LimX Dynamics déploie 18 robots humanoïdes complètement autonomes simultanément.

Alors que la nouvelle version de Claude (Cowork) peut agir directement sur un PC, Dario Amodei, DG d’Anthropic, publie un essai sur les risques de l’intelligence artificielle : The adolescence of Technology.

Trois fonds de private equity, axés sur la défense, la technologie et la santé, ou les semiconducteurs européens, sont accessibles ici (utilisateurs enregistrés uniquement). TRI cibles 15 à 22%.

Ad Astra 🚀

Donc, Space X absorbe xAI, qui a préalablement absorbé X, dans le but de combiner intelligence artificielle et calcul spatial (les fameux datacenters dans l’espace). Enfin, c’est un peu plus ambitieux en VO : scaling to make a sentient sun to understand the Universe and extend the light of consciousness to the stars! Avant de construire des usines sur la lune et une civilisation sur Mars.

Un datacenter consomme beaucoup d’électricité : 3% de la consommation mondiale à horizon 2030 selon l’IEA et ASCEND (projet européen). Or, la production stagne à peu près partout sauf en Chine, qui déploie grâce au solaire et au nucléaire environ cinq fois plus de GW que les Etats-Unis tous les ans. En orbite géostationnaire, les datacenters recevraient une intensité lumineuse constante, d’où le projet de les délocaliser dans l’espace, où ils permettraient aussi d’éviter les aller-retours coûteux en bande passante vers la Terre pour les applications spatiales de type imagerie satellite ou stations orbitales (edge computing spatial).

Le principal obstacle est le refroidissement : le vide ses comporte comme un isolant thermique, et les puces fonctionnent à des températures relativement basses. Pour évacuer la chaleur, il faut des structures de dissipation gigantesques (les immenses panneaux blancs que l’on observe sur la Station Spatiale Internationale). Pour 1 GW (la puissance électrique totale installée pour l'ensemble des datacenters mondiaux est estimée à environ 100 GW), on estime qu’il faut 3 km2 de panneaux solaires et 1 km2 de radiateurs thermique, représentant 20 à 30 000 tonnes de matériel à envoyer dans l’espace.

Les scientifiques du projet européen ASCEND estiment qu’un tel déploiement ne sera pas industriellement mûr avant 2035-2040, et qu’1GW peut être envisagé à horizon 2050, Bezos vise un horizon 10-20 ans. Musk estime que dans 5 ans il lancera chaque année dans l’espace l’équivalent de toute l’IA terrestre. La différence entre ces ambitions, au-delà de sa tendance à fixer des objectifs très optimistes, tient à la viabilité écologique : l’Europe veut garantir un bilan écologique net positif, quand Musk compte envoyer un Starship par heure, lesté de 200 tonnes de matériel, pour délivrer 100 GW, fidèle à sa stratégie d’entrée sur un marché : l’inonder pour faire baisser les coûts de production. On aimerait que l’Europe trouve un entre-deux, car si sa préoccupation est légitime, l’enjeu de souveraineté l’est aussi, de même que la possibilité de fournir au monde des solutions moins polluantes.

Des équipes du monde entier travaillent sur ce projet (je n’ai pas mentionné le Japon, très avancé, et la Chine, qui investit massivement pour rattraper son retard), même s’il fait face à des contraintes techniques majeures. Le cas SpaceX est particulier en raison du schéma financier annoncé. Pour trouver les sommes nécessaires, ça ne se passe plus en private equity. D’où l’IPO envisagée à la fin du premier semestre, afin de lever 50 Md$ sur une valorisation de 1 500 Md$, qui permettrait de lever les centaines de milliards par an dont Musk estime avoir besoin.

La valorisation de SpaceX est passée de 250 Md$ lors de la dernière transaction primaire fin 2024 à 800 Md$ fin 2025 par des ventes en secondaire qui auraient porté au total sur moins de 1% du capital. Une valo de papier. Cette semaine, SpaceX absorbe donc xAI sur une valorisation de 1 250 Md$, se décomposant en 1 000 Md$ pour SpaceX et 250 Md$ pour xAI (qui « valait » 80 l’année dernière quand elle a fusionné avec X). SpaceX aurait généré 15 Md$ de CA l’année dernière, pourrait en générer 22 à 24 cette année. xAI brûlerait 1 Md$ de cash par mois : Musk a une fâcheuse tendance à faire siphonner les cash flows de ses sociétés rentables par ses sociétés en pertes.

On comprend que les conseils financiers de l’IPO demandent aux fournisseurs d’indices de faire une exception en incluant le titre au bout de 15 jours de trading au lieu des 6-12 mois requis, parce que cette valorisation stratosphérique a été « atteinte » sans véritable confrontation au marché : les flux de la gestion passive aideraient, même si les particuliers sont susceptibles de se ruer sur le titre, et si la prime Musk est considérable. Ils essaient aussi de faire sauter le lock-up (la période de 6 mois pendant laquelle les actionnaires historiques ne peuvent pas vendre). Un nouveau pari, certainement le plus gros, sur le fait que les marchés suivront la vision.

Ad astra !, conclut le communiqué de Musk. Per aspera ?

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Cet article ne constitue pas une recommandation d’investissement sur les thèmes ou les titres mentionnés.