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All the king's men
Scénarios de marché

Semaine plutôt morose sur les marchés mondiaux : la prime de risque géopolitique revient entre deux discours à Davos, et les bond vigilantes se manifestent.
La géopolitique et l’IA dominent encore les scénarios de marché 2026.
Macro 🔭
Aux Etats-Unis, l’activité mesurée par les PMI se redresse marginalement en janvier. Les demandes de prêts hypothécaires augmentent de nouveau sensiblement la deuxième semaine de janvier, alors que les promesses de ventes de logements de décembre sont encore en baisse sensible. Pas d’inflexion sur l’emploi : les inscriptions au chômage sont stables, les créations d’emploi aussi. Rien de nature à faire bouger les marchés, qui sont plus agités par les velléités, plus ou moins calmées à Davos, d’annexer le Groenland (ou l’Islande, c’est selon).
En Europe, l’inflation passe sous la barre des 2% en dernière lecture pour décembre. L’indice ZEW de sentiment économique se reprend fortement en janvier, et l’indice de confiance des consommateurs est un peu moins négatif qu’au cours des douze derniers mois. Enfin, le PMI composite est stable, la production manufacturière revenant tout juste en zone d’expansion. C’est symbolique, mais le fonds de pension danois AkademikerPension a annoncé vendre ses obligations d’Etat américaines : « En réalité, la qualité de crédit des États-Unis est médiocre, et à long terme les finances publiques ne sont pas tenables », déclare le CIO. La participation, comme le pays, est anecdotique, rétorque Bessent. L’Europe possède environ 40% des Treasuries détenus par des non-Américains, via des fonds publics et privés) ; une arme anti-droits de douane difficile à utiliser, mais un peu dissuasive.
Nous en parlions la semaine dernière, cette semaine les taux japonais font l’actualité, avec un 10 ans qui touche 2,35% et une session très chaotique à Tokyo mardi. Les taux à 30 ans dépassent ceux du Bund pour la même échéance : la volonté de dépenser de Takaichi rencontre les bond vigilantes. Les commandes de machines-outils plongent, les exportations progressent malgré une baisse des exportations vers les Etats-Unis de 11%, et les importations affichent un plus-haut de 11 mois. L’inflation ralentit fortement, l’activité accélère avec un PMI composite en hausse notable en janvier.
En Chine, le prix des maisons neuves baisse pour le trentième mois d’affilée. À 4,5%, la croissance du PIB du quatrième trimestre est la plus faible depuis trois ans, mais permet d’atteindre l’objectif annuel de 5%. Les ventes au détail enregistrent également leur plus mauvais score en trois ans, tandis que la production industrielle accélère. Le rééquilibrage de l’économie se fait toujours attendre.
Micro 🔬
Depuis le début de 2026, l’indice Morgan Stanley des titres SaaS (Software as a Service) a perdu environ 15 %, prolongeant le repli observé en 2025. Cette baisse reflète l’anticipation croissante que les modèles d’IA avancés, amplifiés par le lancement d’outils comme Claude Cowork, pourraient réduire la dépendance aux solutions logicielles classiques.
Netflix déçoit sur ses objectifs 2026 en raison d’une forte augmentation de ses dépenses dans les contenus (+10% pour la création de films et de séries) et dans la bataille pour Warner Bors Discovery, face à un ralentissement (naturel compte tenu de la loi des grands nombres) de la croissance de ses abonnés à 8% en 2025 (pour un total de 325 millions). Le groupe va également suspendre ses rachats d’actions pour financer l’éventuelle acquisition de Warner Bros Discovery.
Le conglomérat industriel 3M est sanctionné sur des résultats en ligne avec les objectifs au quatrième trimestre, mais assortis d’objectifs 2026 sans relief, en croissance de chiffre d’affaires (3% de croissance organique) comme en marge.
Publication douloureuse pour Intel aussi, avec un titre en baisse de 17%. Les activités liées aux datacenters montrent une certaine résilience, compensant en partie la faiblesse persistante dans le segment historique des PC, mais ce sont les prévisions 2026 qui inquiètent, le groupe attendant un premier trimestre faible en raison de difficultés à monter en production pour répondre à une demande sur laquelle il reste évasif, et de pressions sur la marge brute.
Les ventes de Burberry’s s’améliorent en séquentiel, tirées par la Chine, et sans promotions excessives, laissant présager des marges correctes.
Après Nestlé, c’est Danone qui doit retirer un de ses laits infantiles en raison d’une contamination.
Ubisoft est régulier dans la performance : -30% sur la dernière annonce, qui contient un profit warning, l’annonce d’un plan de restructuration, l’annulation de cinq lancements de jeux et un délai dans le lancement des autres. Pas toujours facile, le patriotisme économique.
La minute innovation 🧚🏻
La startup chinoise Knowledge Atlas Technology, connue également sous le nom de Zhipu, a lancé le premier LLM intégralement entraîné grâce à des semiconducteurs chinois, en l’occurrence ceux de Huawei.
Anthropic dote Claude d’une constitution, lui demandant notamment d’être éthique et de désobéir à Anthropic si on lui demande de faire quelque chose de louche.
Dans le cadre du procès entre Musk et OpenAI, près de 200 documents ont été rendus publics vendredi dernier. Un résumé de la relation avec Microsoft est présenté ici, avec quelques mails de l’inénarrable Elon : « Je pense que Jeff [Bezos – Amazon] est un peu un con, et que Satya [Nadella – Microsoft] ne l’est pas ; du coup je préfère légèrement Microsoft, mais je déteste leur département marketing. » Ou « I’m very good at getting people to part with their money, I could raise $1bn for Tesla in a week and have you seen that company’s financials?” 🤣
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All the king’s men 🦖
« J’aurais dû apporter des genouillères pour tous les dirigeants du monde », dit Gavin Newsom à Davos. Une interview très énervée où il traite Trump de T-Rex et qui lui vaut d’être surnommé dans la foulée par une porte-parole de la Maison Blanche de gouverneur de troisième ordre Newscum (jeu de mot sur racaille). Plus civilisé, mais très résolu, le PM canadien mérite d’être écouté (ici) : « Si vous n’êtes pas assis à la table, vous figurez au menu ». Quant à l’interview du secrétaire général de l’OTAN, elle n’est disponible que sur Bloomberg, mais on en retiendra : « The Dane sovereignty ? We didn’t discuss it at all. » Christine Lagarde sauve les meubles : elle quitte un dîner en réponse aux critiques sur l’Europe du secrétaire d’Etat au commerce américain Howard Lutnick)
La géopolitique n’avait pas été aussi centrale dans l’investissement depuis longtemps. Comme l’intelligence artificielle, elle dominera les marchés en 2026, et probablement au-delà, et continuera à fragiliser les scénarios de marché, globalement optimistes comme tous les ans à cette époque. La croissance mondiale est attendue stable à 3,3% par le FMI, les émergents étant au-dessus et en légère accélération par rapport au 2025, les Etats-Unis au-dessous et en léger ralentissement (2,4%), de même que l’Europe (1,2%), tandis que l’économie japonaise accélère (1,1%). Le tout avec une inflation qui tend vers l’objectif des banques centrales, hormis en Chine où elle est attendue à 1%. L’Europe pourrait surprendre à la hausse si les plans d’investissement sont lancés. Quant à la dette, elle va rester centrale, tirant globalement les taux longs à la hausse.
L’an dernier, nous misions sur la fin de l’exceptionnalisme américain. Les indices se sont ressaisis après la débâcle d’avril, mais le S&P 500 a terminé l’année en hausse de 4% environ en €, le Nasdaq de 7%. Par rapport au reste du monde, les Etats-Unis affichent la pire performance depuis 2009 (-10% en $). On peut vouloir miser sur le One Big Beautiful Act de Trump, ou sur l’importance qu’il accorde aux marchés, mais la thèse d’investissement est faible et le dollar pourrait continuer à peser sur les performances, donc mieux vaut être sélectif qu’acheter les indices de manière indiscriminée.
La Chine a enregistré 13 à 21% de hausse (Chine continentale et Hang Seng respectivement) et devient maintenant un pari consensuel. En dépit de défis macroéconomiques encore prégnants (crise de l’immobilier notamment), elle bénéficie d’atouts sur le plan géopolitique et technologique et d’un retard de valorisation encore conséquent, sans compter un potentiel plan de relance ciblé sur la consommation intérieure (l’Arlésienne, certes). Elle peut s’inscrire dans un investissement plus large dans les pays émergents, parmi lesquels on peut s’intéresser aussi au Brésil : probablement volatile compte tenu des élections à venir, mais à l’aube d’un cycle de baisses de taux.
Le Japon n’était pas très consensuel non plus. Il affiche 18% de hausse en 2025 malgré la forte baisse du JPY. La thèse portant sur la reflation reste valide, mais attention aux secousses à prévoir sur le yen carry trade compte tenu de la politique fiscale expansionniste voulue par le premier ministre.
L’Europe a enregistré 17% de hausse en 2025 (Stoxx 600). On l’a vu plus haut, il lui manque pour convaincre vraiment une colonne vertébrale (dixit Newsom), et peut-être va-t-elle manquer une opportunité historique de nouer de nouveaux partenariats avec le Mercosur, mais la valorisation reste attractive et les attentes de croissance sont modérées, alors que les plans d’investissement en Allemagne et en Italie et la bonne dynamique espagnole pourraient permettre des surprises.
Parmi les thèmes que nous suivons, les plus fortes progressions reviennent aux métaux, au nucléaire, à la défense, aux semiconducteurs, à l’espace et à la technologie chinoise, qui affichent 30 à 90% de hausse en 2025. L’intelligence artificielle affiche une progression moins stellaire, en raison de l’effet $ et de certains sous-secteurs moins performants, dans le logiciel notamment. Sport, cybersécurité, luxe, marques et cryptos affichent une performance négative. En 2026, en première approche, on pourrait aussi regarder les classes moyennes américaine et chinoise, en raison des plans de relance ciblés, l’énergie, la cleantech, et au sein de l’intelligence artificielle, les bénéficiaires des gains de productivité (innovation médicale par exemple) plus que les hyperscalers. Certains de ces thèmes sont accessibles en fonds actifs ou ETF, d’autres nécessitent des produits dédiés.
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All the king’s men, excellent roman de Robert Penn Warren (et prix Pulitzer en 1947), raconte l’ascension d’un leader populiste et corrompu.
Hiring in 8 countries shouldn't require 8 different processes
This guide from Deel breaks down how to build one global hiring system. You’ll learn about assessment frameworks that scale, how to do headcount planning across regions, and even intake processes that work everywhere. As HR pros know, hiring in one country is hard enough. So let this free global hiring guide give you the tools you need to avoid global hiring headaches.
Cet article ne constitue pas une recommandation d’investissement sur les thèmes ou les titres mentionnés.

