Bring Your Own Power

Investir dans l'intelligence artificielle

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La trêve entre les Etats-Unis et l’Iran permet aux marchés de conclure la semaine sur un fort rebond, Asie en tête.

La demande d’infrastructure IA ne faiblit pas, mais des signaux avancés de tensions dans la construction des datacenters apparaissent, liés à la fourniture d’énergie et dans une moindre mesure au financement.

Macro 🔭

Aux Etats-Unis, l’activité ralentit, y compris dans les services où le PMI de mars affiche une baisse, de même que les commandes de biens durables. Les deux mesures d’inflation de la semaine sont défavorables : le PCE de février est stable mais toujours au-dessus de la cible de la Fed à 2,8%, tandis que le CPI de mars augmente de 3,3% (c’était 2,4% annualisé en février). Les données d’emploi, plutôt solides récemment, sont plus mitigées cette semaine, avec un rebond des nouvelles inscriptions au chômage. L’indice de confiance du consommateur de l’université du Michigan s’effondre en mars à un niveau jamais touché depuis que l’enquête existe (1952), et les attentes d’inflation bondissent à 4,8%.

L’activité de construction dans la zone € ralentit encore fortement en mars, poursuivant une contraction de quatre ans, et particulièrement pénalisée par le segment commercial et par la France. Les ventes au détail progressent modérément à 1,7%. Les prix à la production dans la zone sont aussi solidement déflationnistes (-3% en mars). En revanche, le rebond des prix à la consommation en mars est confirmé.

Au Japon, les dépenses des ménages baissent pour le troisième mois d’affilée, pénalisées par l’inflation, et malgré une hausse plus importante que prévu des salaires. Une nouvelle hausse de l’indice économique avancé de février risque d’être contrariée le mois prochain par le conflit entre l’Iran et les Etats-Unis ; l’indice Eco Watchers de mars baisse fortement, de même que la confiance des consommateurs. Rare bonne nouvelle de la semaine, les commandes de machines-outils progressent fortement en mars. Enfin, les prix à la production repartent à la hausse.

En Chine, les prix à la consommation augmentent un peu moins qu’en février, à 1% annualisé, tandis que les prix à la production passent en territoire positif pour la première fois depuis septembre 2022. La déflation semble bien terminée.

Micro 🔬

Le DG d’Amazon note dans sa lettre aux actionnaires que les clients d’AWS veulent un meilleur rapport prix-performance, que ses puces Trainium fournissent par rapport à celles d’Nvidia. Surtout, il insiste sur le fait que l’IA est une inflexion majeure, n’est pas une bulle, et offrira des marges et un retour sur investissement attractifs, justifiant des pics d’investissement qui peuvent susciter l’inquiétude, et vont entraîner une baisse significative du Free Cash Flow à court terme. Sa conclusion : le progrès n’est pas linéaire. Par ailleurs, la presse rapporte cette semaine qu’Amazon est en négociations pour le rachat de Globalstar, un opérateur de satellites qui lui permettrait d’accélérer dans son ambition de concurrencer Starlink.

Alphabet réduit aussi sa dépendance à Nvidia en signant un accord pluri-annuel avec Broadcom pour le design et l’optimisation des TPUs (puces IA) de Google.

La croissance des ventes de TSMC accélère en mars, signalant une forte demande liée à l’IA. La même tendance est observée dans les résultats préliminaires de Samsung Electronics, qui bénéficient de la forte demande de mémoire pour les datacenters IA et des hausses de prix associées. Enfin, Hon Hai Precision Industry (Foxconn), assembleur de l’iPhone et plus gros assembleur mondial de serveurs IA, enregistre également une accélération des ventes en mars.

UBS cherche à vendre des participations dans huit fonds de dette privée en créant un portefeuille de 500 M$ garanti à hauteur de 375 M$ contre un défaut par un assureur. Les participations sont dans des fonds evergreen gérés par six sociétés de gestion non identifiées et investis à 40% en direct lending, environ 30% en immobilier, et 25% en financements structurés. Après l’annonce la semaine dernière que Blue Owl Capital faisait face à des rachats d’environ 20% et 40% sur deux de ses fonds, Moody’s passe la notation des sociétés d’investissement en dette privée en perspective négative, en raison notamment des demandes de rachats.

Le titre de Meta retrouve des couleurs après le lancement de Muse Spark, le premier modèle développé par la nouvelle équipe du Superintelligence Lab. Il score bien sur le raisonnement, est inférieur aux concurrents en code, et n’est contrairement aux concurrents pas open source.

Anthropic communique sur 30 Md$ de chiffre d’affaires annualisé (schématiquement, 12x le chiffre d’affaires réalisé en janvier), contre 9 Md$ en 2025 (réalisé cette fois). La dernière valorisation connue est de 380 Md$. OpenAI évoque 2 Md$ de chiffre d’affaires par mois. Dernière valorisation connue : 852 Md$ à l’issue de la récente levée, menée auprès d’une cohorte d’industriels et de fonds, ainsi que de particuliers (à hauteur de 3 Md$). L’écart de valorisation laisse perplexe. D’ailleurs, sur le marché secondaire, il y a cinq fois plus de demandes de ventes que d’achat.

Le Nasdaq 100 a changé ses règles d’inclusion des titres post-IPO : auparavant, ils devaient attendre trois mois pour être considérés comme candidats à l’entrée dans l’indice, et avoir un minimum de 10% de flottant. Désormais, toute société nouvellement cotée dont la capitalisation boursière la classe parmi les quarante premiers poids de l’indice, quel que soit son flottant, pourra être évaluée dès le septième jour de cotation et incluse dès le quinzième. Le Nasdaq 100 sert de sous-jacent à quelque 200 produits d’investissement totalisant plus de 600 Md$ d’encours qui devront être investis dans les futures levées de SpaceX, OpenAI et Anthropic. Le S&P 500, qui sert de benchmark à quelque 24 000 Md$ de fonds, étudie également la question. Tout ceci tombe à pic pour Musk, qui vise désormais une valorisation de 2 000 Md$ pour SpaceX selon Bloomberg. Cinq fois la valorisation de l’année dernière (depuis, il a annoncé les plans de datacenters dans l’espace x2, la fusion avec xAI +50%, et imposé aux banquiers de l’IPO d’ouvrir des comptes Grok. La société devrait générer 20 Md$ de chiffre d’affaires en 2026.

La minute innovation 🧚🏻

En raison d’une mise à jour mal calibrée, l’intégralité du code source de Claude Code est disponible sur GitHub. Par ailleurs, Anthropic réserve l’usage de Claude Mythos à quelques sociétés en raison des risques qu’il pose en matière de cybersécurité : il détecte et exploite les failles de sécurité présentes dans un nombre alarmant de systèmes d’exploitation, et la menace est assez sérieuse pour que la Fed convoque les banques systémiques pour évoquer le sujet.

Google Quantum AI publie un livre blanc dont la conclusion principale est que la cryptographie qui sécurise le Bitcoin et la majeure partie de l’écosystème crypto peut être cassée en utilisant moins d’un demi-million de qubits physiques sur une architecture supraconductrice, en environ neuf minutes. Impossible avec les machines actuelles, mais envisageable à un horizon qui varie selon les experts entre 5 et 40 ans.

L’équipage de la mission Artemis II rentre de la lune avec une moisson d’images. Deux jours après le départ, Trump proposait des coupes considérables dans les budgets des agences scientifiques, à commencer par la NASA.

Bring your own power 🔌

Début avril, peu après avoir annoncé l’annulation du plan d’expansion de Stargate Texas avec Oracle, OpenAI a suspendu son projet de data center Stargate au Royaume-Uni, annoncé en septembre dernier et destiné à déployer 31 000 GPUs d’Nvidia. Selon Reuters et Bloomberg, la décision est liée au niveau élevé des coûts d’électricité et à un environnement réglementaire jugé insuffisamment prévisible pour engager un investissement d’infrastructure de long terme.

Ce signal s’inscrit dans une tendance plus large documentée par Sightline Climate, qui suit 190 GW de projets, essentiellement situés en Amérique du Nord. Dans son Data Center Outlook publié en février 2026, le cabinet estime que sur les 16 GW de capacités devant entrer en service en 2026, 5 GW sont effectivement en construction à ce stade. Compte tenu des délais industriels, même des projets avancés nécessitent plus d’un an entre la sécurisation de l’accès à l’électricité et une première mise en service, ce qui rend une large partie de ce pipeline incompatible avec un horizon 2026.

L’écart entre capacités annoncées et capacités réellement en chantier peut provenir de contraintes physiques, bien documentées, ou financières. Le principal goulet d’étranglement est l’accès à l’électricité au sens large : capacité de production, mais surtout délais de raccordement, saturation locale des réseaux et disponibilité d’équipements critiques comme les transformateurs. Dans plusieurs zones clés, ces contraintes sont déjà visibles. En Virginie, premier hub mondial de data centers, les autorités et les opérateurs de réseau ont alerté sur la pression croissante exercée sur l’infrastructure électrique. Au Texas, l’opérateur de réseau électrique ERCOT a renforcé les exigences imposées aux grands consommateurs, notamment en matière de flexibilité et de contribution au système. En Arizona, les utilities ont également durci les conditions de raccordement pour les projets les plus énergivores.

Sur le volet financier, dans plusieurs juridictions américaines, les développeurs doivent désormais financer directement une partie des infrastructures nécessaires à leur raccordement (lignes, transformateurs, capacités réseau), alors que ces coûts étaient historiquement mutualisés. Cette internalisation renchérit le capex initial et introduit une variabilité significative selon les sites. Parallèlement, une partie des projets s’oriente vers des modèles dits de « bring your own power », dans lesquels les opérateurs sécurisent directement leur approvisionnement énergétique via des contrats de long terme, des capacités dédiées ou des installations de production associées, transférant une partie des besoins d’investissement du réseau vers des infrastructures spécifiques aux projets.

Ces contraintes ont une traduction immédiate en termes d’investissement. Un projet ne devient finançable que si l’accès à l’électricité est sécurisé à un coût et dans un calendrier crédibles. À défaut, il reste au stade de l’annonce. La hausse des coûts, l’allongement des délais et l’incertitude réglementaire propres aux projets de datacenters pèsent directement sur leur rentabilité attendue, dans un contexte déjà tendu pour la dette privée. Dans ce contexte, la nouvelle, cette semaine également, qu’Oracle aurait sécurisé un financement de 16 Md$ pour son projet de datacenter dans le Michigan est à double tranchant : faute de financement bancaire pour la construction, le groupe aurait sécurisé un emprunt de 14 Md$ structuré par Bank of America avec PIMCO, Blackstone apportant 2 Md$ en fonds propres, contre 4 Md$ prévus initialement ; le levier du projet est inhabituellement élevé.

À court terme, les fournisseurs d’équipements et d’infrastructures continuent de bénéficier de carnets de commandes élevés, portés par des projets déjà engagés et par des cycles d’investissement longs. Les acteurs des semi-conducteurs restent également soutenus par des backlogs importants et, dans certains cas, par des mécanismes de préfinancement. Les indicateurs les plus avancés du cycle ne se situent donc pas dans ces segments, mais peut-être dans ces GW de projets de datacenters restant à l’état de projet.

Vous retrouverez nos propositions d’investissements thématiques (coté, non coté, produits structurés), sur ce lien (accès complet éservé aux investisseurs ayant renseigné leur profil).

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Cet article ne constitue pas une recommandation d’investissement sur les thèmes ou les titres mentionnés.