Capacités à reconstruire

Investir dans les services pétroliers

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Les marchés actions mondiaux ont reculé cette semaine, pénalisés par la remontée des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, qui ravive les craintes d’inflation et de taux durablement élevés.

Les services pétroliers pourraient bénéficier d’un nouveau cycle d’investissement.

Macro 🔭

Aux Etats-Unis, la petite amélioration récente de l’activité manufacturière n’est pas confirmée par les indicateurs de la semaine : si la production industrielle montre une légère amélioration, les indices des Fed de NY (Empire State) et Philadelphie (Philly Fed) faiblissent encore. Les nouvelles inscriptions au chômage baissent de nouveau. L’indicateur le plus significatif de la semaine est certainement la hausse de 3,4% des prix à la production en février : l’impact des droits de douane commence à se matérialiser. La Fed laisse ses taux inchangés à l’unanimité moins Stephen Miran, qui comme d’habitude suit sa ligne pro-Trump. Powell déclare que les implications des développements au Moyen-Orient pour l’économie américaine sont incertaines, et le marché revoit à la baisse ses anticipations d’assouplissement monétaire. Trump décale d’environ un mois la rencontre prévue avec Xi Jinping, ce qui ne gêne en rien les négociateurs chinois, dont on dit qu’ils étaient agacés par le niveau d’impréparation de leurs interlocuteurs. Sur les réseaux sociaux chinois, Trump est surnommé Comrade Nation Builder pour l’aide involontaire qu’il fournit au renforcement de la stature de la Chine sur la scène internationale

L’indice de sentiment économique ZEW pour la zone € flanche franchement en mars, baissant pour la première fois depuis Liberation Day. La BCE laisse les taux directeurs inchangé mais se dit prête à les relever dès le comité d’avril si le conflit en Iran entraîne une inflation trop supérieure à l’objectif de 2%. Elle l’estime à 2,6% en 2026, avec un scénario du pire qui verrait un pic à 6,3% au premier trimestre 2027.

La Banque du Japon laisse ses taux inchangés et n’altère pas ses prévisions d’inflation, tout en ajoutant le Moyen-Orient à la liste de facteurs de risque et en confirmant anticiper une prochaine hausse de taux. L’enquête Tankan sur les perspectives des grandes entreprises manufacturières progresse de nouveau fortement en mars.

En Chine, les chiffres de janvier et février (ils sont combinés pour lisser l’impact du Nouvel An) mettent en évidence une accélération surprenante de l’économie : production industrielle en hausse de 6%, accélération des ventes au détail, rebond marqué des investissements en capital fixe, et notamment en infrastructures. Les bénéfices industriels de 2025 retrouvent le chemin de la croissance en année pleine pour la première fois depuis 2021. Quelques données de février sont moins brillantes : le prix des maisons neuves accélère de nouveau à la baisse (elle dure depuis quatre ans désormais), tandis que le taux de chômage urbain augmente pour le troisième mois d’affilée. La banque centrale laisse les taux inchangés.

Micro 🔬

Micron publie des résultats et des objectifs très nettement supérieurs aux attentes (les ventes ont quasiment triplé au dernier trimestre), la demande de mémoire pour l’intelligence artificielle tirant les volumes et les prix. Des projections de dépenses d’investissement élevées en 2026 et 2027 entraînent une réaction négative du titre.

Dans la technologie chinoise, Alibaba et Tencent sont pénalisés cette semaine par le décrochage généralisé des valeurs asiatiques dû à la hausse du prix du pétrole, ainsi que par des annonces de capex, notamment pour la première, qui ne sont pas mieux reçues que chez leurs homologues américaines. Point détaillé sur leurs publications dans notre prochaine édition.

FedEx dépasse allègrement le consensus et note que si le conflit en Iran risque d’impacter l’économie globale, à ce stade les tendances de demande pour ses services de transport n’ont pas changé.

Lors de la conférence GTC d’Nvidia, Jensen Huang met l’accent sur l’inférence (ce qui permet aux modèles de répondre aux questions, par opposition à l’entraînement), communique un objectif de 1 000 Md$ de CA en 2027 (le précédent était de 500M$ en 2026), et annonce NemoClaw, qui permet d’utiliser la plateforme agentique OpenClaw (voir aussi la section Innovation ci-dessous) de manière sécurisée, ainsi que de nombreux partenariats dans l’IA physique (robotaxis notamment). Vous pouvez aussi voir le résumé de l’événement en 4 minutes sur cette vidéo de clôture, conçue grâce à des outils d’IA générative bien sûr. La société annonce également cette semaine un investissement de 2 Md$ dans le néerlandais Nebius, un concurrent de Coreweave qui construit des datacenters pour louer leur capacité. Nouveau deal circulaire donc, puisque Nebius va déployer 16 à 20 Md$ de puces Nvidia. Le titre perd environ 5% sur la semaine.

Meta s’engage également sur un contrat avec Nebius, de 27 Md$ cette fois, et s’apprêterait selon Reuters à se séparer de 20% de ses effectifs pour financer ses investissements dans l’IA.

Les résultats d’Accenture, comme ceux de FedEx d’ailleurs, rassurent sur le cycle économique mondial. La société publie un chiffre d’affaires et des BPA en haut de sa fourchette de prévisions et relève ses objectifs annuels.

Nous l’évoquions la semaine dernière (dernier chapitre de cette édition), certains éditeurs de logiciels pourraient se défendre de la disruption IA en faisant payer leurs clients en fonction de l’usage qu’ils font des outils d’intelligence artificielle. Quand on pense à Microsoft Co-pilot, on a un doute. En revanche, quand SAP annonce cette semaine qu’elle facturera ses outils IA à l’usage, on peut présumer qu’un client qui a mis un an à faire sa transition vers cet ERP (c’est le tarif en général) basculera sur les otuils d’IA du groupe.

Qualtrics, une plateforme logicielle de gestion de l’expérience client adossée au fonds de private equity Silver Lake, devait lever un peu plus de 5 Md$ de dette pour financer une acquisition. Les banques mettent l’opération en pause cette semaine, alors que les investisseurs se désistent, inquiets de la débâcle boursière des valeurs logicielles.

Si OpenAI, Anthropic et SpaceX mettent en bourse 15% de leurs actions lors de leurs IPOs prévues cette année, la somme totale sera équivalente aux montants levés par toutes les introductions en bourse aux Etats-Unis pendant les dix dernières années.

Strategy a acheté pour près de 3 Md$ de Bitcoin en deux semaines (expliquant peut-être la relative bonne tenue de la crypto pendant les premières semaines du conflit), financés pour environ un tiers par l’émissions d’actions ordinaires, aux deux tiers par l’émission de la préférentielle STRC, qui promet 11,5% de rendement du dividende. Le Ponzi continue.

La minute innovation 🧚🏻

Sumitomo Pharma obtient du régulateur japonais une autorisation de mise sur le marché provisoire et conditionnelle (à la démonstration de l’efficacité) de la première thérapie à base de cellules souches dans le traitement de Parkinson. La thérapie consiste à transplanter des cellules souches de donneurs sains pour remplacer les cellules productrices de dopamine absentes du cerveau des patients. Cuorips obtient la même autorisation dans le traitement de l’insuffisance cardiaque.

La France est onzième pour l’utilisation de Claude, un score élevé par rapport à sa population. Toutes les statistiques d’usage fournies par Anthropic se trouvent ici.

🦞OpenClaw est le prochain ChatGPT selon le DG d’Nvidia. Grâce à cet outil open source (à utiliser avec précautions car il n’est pas sécurisé), la Chine est en train de devenir le laboratoire mondial de l’IA agentique.

Capacités à reconstruire 🏗️

Des frappes directes ont visé cette semaine des infrastructures énergétiques majeures au Moyen-Orient, de gaz naturel liquéfié en particulier. Le cours du Brent a poursuivi sa progression, intégrant une prime de risque géopolitique plus élevée, ainsi que les effets de substitution, les centrales électriques basculant sur le fioul ou le diesel quand le gaz vient à manquer.

Les sociétés de services pétroliers interviennent sur plusieurs segments de l’amont pétrolier (et gazier). Le forage et la complétion de nouveaux puits constituent la composante la plus cyclique du secteur, car ils dépendent directement des décisions d’investissement des producteurs. Les services liés à la production (maintenance des puits, interventions, gestion des fluides ou optimisation des installations) génèrent une activité plus récurrente, car ils visent à maintenir la production des champs existants.

Cette activité est soutenue par une contrainte géologique bien documentée : selon l’Agence internationale de l’énergie, le taux moyen de déclin naturel des champs pétroliers conventionnels après leur pic de production est d’environ 5,6 % par an, ce qui implique qu’en l’absence d’investissement, près de la moitié de la production conventionnelle serait perdue en une décennie. Les services technologiques (modélisation sismique, automatisation des opérations, optimisation numérique des champs) prennent également une place croissante dans le mix d’activité, contribuant à améliorer la productivité et les taux de récupération.

Le chiffre d’affaires du secteur dépend avant tout de l’intensité capitalistique de ses clients, principalement les majors internationales et les compagnies pétrolières nationales. Les décisions d’investissement de ces acteurs sont très sensibles au niveau du prix du pétrole (Brent en général), mais également à la visibilité sur les prix futurs et à la discipline financière imposée par les actionnaires et les États.

Les données publiées par l’Agence internationale de l’énergie indiquent que les dépenses mondiales d’exploration-production se situaient autour de 570 milliards de dollars en 2025, contre un pic estimé entre 800 et 900 milliards de dollars au début des années 2010. Cette baisse reflète à la fois la correction des prix après 2014, le choc de 2020, et un changement structurel de comportement des producteurs. La reprise observée depuis 2021 reste partielle : elle est tirée principalement par les compagnies nationales du Moyen-Orient et d’Asie, qui concentrent aujourd’hui une part croissante de l’investissement mondial, tandis que les majors occidentales maintiennent une discipline de capital stricte.

Dans ce contexte, on peut anticiper une normalisation progressive de l’investissement amont si le prix du pétrole Brent reste durablement dans une fourchette comprise entre environ 80 et 100 dollars par baril. Une remontée de l’investissement mondial vers 600 à 650 milliards de dollars par an constituerait un scénario de reprise modérée, cohérent avec les niveaux de prix actuels mais encore inférieur au pic du cycle précédent. Une part significative de ces dépenses se traduit historiquement par des contrats pour les entreprises de services pétroliers, en particulier dans les segments du forage, de l’ingénierie et des interventions sur puits. Ce scénario doit désormais intégrer les réparations et les investissements additionnels rendus nécessaires par les perturbations récentes au Moyen-Orient, ce qui peut accélérer le cycle d’investissement à court terme.

Les sociétés de services pétroliers disposent d’actifs industriels lourds qui génèrent des coûts fixes élevés. Lorsque les taux d’utilisation augmentent, la progression des résultats est généralement plus rapide que celle du chiffre d’affaires. Lors du précédent cycle haussier, les marges opérationnelles du secteur avaient atteint des niveaux sensiblement supérieurs à ceux observés aujourd’hui, ce qui suggère un potentiel d’expansion en cas de reprise durable de l’activité.

Historiquement, hors épisodes de crise exceptionnelle comme la pandémie de 2020, la valorisation du secteur a évolué dans une fourchette large, reflétant le caractère cyclique de l’activité. Les multiples EV/EBITDA observés sur longue période se situent généralement entre environ 6x et 11x. La situation actuelle, avec des valorisations situées dans la partie intermédiaire de cette fourchette malgré un Brent supérieur à 100 dollars, suggère que le marché n’intègre qu’un scénario de reprise partielle de l’investissement, et de fait les futures anticipent un retour rapide du pétrole à 75$ (à horizon un an), voire 70$ (à 5 ans). Une réaccélération de l’investissement pourrait se traduire à la fois par une hausse des bénéfices et par une expansion des multiples.

Vous retrouverez la thèse d’investissement sur les services pétroliers (Si l’or noir devenait le nouvel or ?) qui sous-tend notre produit structuré à capital garanti, scénarios de risque compris, sur ce lien (réservé aux investisseurs ayant renseigné leur profil).

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Cet article ne constitue pas une recommandation d’investissement sur les thèmes ou les titres mentionnés.