Le casse-tête de la biodiversité

Investir dans la biodiversité

In partnership with

Portés par les résultats exceptionnels de l'intelligence artificielle (Nvidia, Salesforce, CrowdStrike), les marchés mondiaux finissent la semaine dans le vert mais restent bridés par une inflation américaine tenace et la fermeté monétaire réaffirmée par la Fed à Jackson Hole.

Peut-on investir dans la biodiversité ?

Macro 🔭

Aux Etats-Unis, les indicateurs d’activité sont contrastés : les indices des Fed régionales ne rebondissent pas franchement, mais les commandes de bien durables sont mieux orientées. L’inflation mesurée par le PCE est stable à 3,7% en juillet. La confiance du consommateur (Conference Board) enregistre une nouvelle baisse en août, confirmée par la dernière lecture de l’indice du Michigan, et ce malgré des données d’emploi toujours assez favorables.  

Dans la zone €, les indicateurs de la semaine dénotent une amélioration, même si elle est encore ténue, sur la croissance des prêts aux entreprises et aux particuliers, le sentiment économique, et la confiance du consommateur.

Au Japon, le taux de chômage baisse encore (2,4%).

En Chine se tient la 24ème session de L’Assemblée populaire nationale.

Au Brésil, l’inflation ralentit à 4,24% en août.

Micro 🔬

Nvidia dévoile une nouvelle accélération de la croissance de son chiffre d’affaires, qui double au dernier trimestre par rapport à la même période de l’année dernière. Au-delà des hyperscalers, la traction vient désormais des entreprises et des fournisseurs de cloud public ou d’infrastructure de calcul en location (Coreweave, Nebius et consorts). Les marges progressent, les objectifs pour le trimestre en cours sont supérieurs aux attentes, et surtout le groupe annonce viser 70% de croissance l’année prochaine. Par ailleurs, si la vente de puces (moins performantes que les dernières versions) à la Chine reprend pour la première fois depuis début 2025, c’est en quantités inférieures à celles autorisées par le gouvernement américain, le gouvernement chinois faisant objection aux ventes. Celles-ci ne sont pas prises en compte dans les prévisions du groupe. Enfin, la croissance est limitée par les pénuries de composants mémoire.

Salesforce rebondit fortement en rassurant sur la croissance malgré l’essor de l’intelligence artificielle. Sa solution AgentForce enregistre notamment une croissance de 200%, tandis que le Free Cash-Flow, à 1,1 Md$, progresse de 81%.

Dans la cybersec, Crowdstrike résiste aussi assez bien à l’IA et publie un chiffre d’affaires en hausse de de 26%.

Les publications des valeurs de consommation Dollar General (chaîne de magasins value), Best Buy (électronique grande conso) et Ulta Beauty (distributeur de produits de beauté) sont plutôt satisfaisantes. Les valeurs de consommation chinoise affichent des résultats plus contrastés : amélioration dans l’automobile pour les exportateurs (BYD notamment), le marché local restant sous pression, signes de diminution de la concurrence entre acteurs de l’e-commerce, mais difficultés persistantes de Pinduoduo (Temu) en raison des droits de douane et de la fin des franchises sur les petits colis _ on n’est pas sorry

La minute innovation 🧚🏻

If you had the resources, how would you use AI to solve humanity’s hardest problems? Transformer la recherche en percées technologiques pour résoudre des problèmes existentiels pour l’humanité, c’est le but du Laude Institute fondé par Andy Konwinski, une sorte d’OVNI également fondateur de Databricks, Perplexity, et du fonds Laude Ventures (financement de startups deeptech). Sa bio vaut le détour : ici pour les abonnés Bloomberg, ici pour wiki.

Nvidia serait sur le point d’acquérir Hugging Face pour 13 Md$. La startup, créée par des Français, s’est développée grâce aux financements américains.

Faut-il être sévèrement « burné » pour entreprendre ? 🙊🙊Le censeur du comité de rédaclion du Journal du Net a abusé du Rhum cet été mais l’article est amusant.

Le casse-tête de la biodiversité 🧬

Bien qu’inférieure à celle de 2025, pire année enregistrée à ce jour, la surface brûlée par les feux cet été en Europe est considérable. La France en général, et la Gironde en particulier, n’a pas été épargnée. Les incendies détruisent immédiatement végétation, habitats et animaux les moins mobiles. Ils affectent aussi les sols, leurs microorganismes et leur capacité à retenir l'eau, tandis que certains arbres apparemment survivants peuvent dépérir plusieurs mois ou années plus tard. Enfin, le retardant utilisé par les pompiers pour ralentir la progression des flammes est susceptible de contaminer les cours d’eau, entraînant une surmortalité des poissons, et de contaminer ponctuellement les nappes phréatiques. Le feu fait néanmoins partie du fonctionnement naturel de nombreux écosystèmes : un incendie isolé n'entraîne donc pas nécessairement une perte durable de biodiversité. Ce sont surtout son intensité, sa répétition et la sécheresse qui suit qui déterminent la capacité de récupération.

L’impact de l’homme sur la biodiversité est difficile à mesurer : il y aurait 8 millions d’espèces animales et végétales, pour la plupart non encore identifiées ou insuffisamment décrites, si bien que certaines peuvent disparaître avant même d’avoir été décrites. 1 million d’espèces seraient à risque d’extinction. En cause, les changements d’usage des terres et de la mer (déforestation, artificialisation des sols), l’exploitation directe des organismes (surpêche, chasse non durable), changement climatique, pollutions chimiques, plastiques et aux métaux lourds, et espèces exotiques envahissantes, conséquence de l’augmentation des transports et de la globalisation du commerce.

La protection d'une espèce peut très bien restaurer un équilibre. Mais dans des écosystèmes déjà profondément transformés par l'homme, le retour rapide d'une population peut également produire de nouveaux arbitrages écologiques. Ces retours de population peuvent être causés par la disparition de prédateurs ou par des ressources artificiellement abondantes : cf les rats à Paris, dont on ne voit pas comment on s’en débarrasserait sans Hans le joueur de flûte. Plus radicalement, l’introduction d’une espèce là où elle n’existait pas peut faire des ravages.

L'histoire du poisson-chat en France en fournit un exemple presque caricatural. Originaire d'Amérique du Nord, Ameiurus melas est introduit en France en 1871 (l’espèce remonte au Crétacé supérieur, un dinosaure en somme). Des individus s'échappent des bassins du Muséum national d'Histoire naturelle vers la Seine ; au début du XXe siècle, loin de chercher à l'éradiquer, on recommande encore son introduction dans certains cours d'eau pollués pour satisfaire les pêcheurs. L'espèce se diffuse ensuite largement. Aujourd'hui, le jugement s'est inversé : le poisson-chat est réglementé comme espèce exotique envahissante et le Code de l'environnement le classe parmi les poissons « susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques », dont l'introduction est interdite. Il entre notamment en compétition avec des prédateurs indigènes comme le brochet pour les ressources et les sites de reproduction. Dans des écosystèmes plus lointains, il entraîne une surmortalité des hippocampes et des mduses, et peut s’avérer dangereux pour l’homme : muni de trois dards, il peut provoquer de petits drames chez les vacanciers qui marchent sur lui par mégarde (j’ai personnellement recensé trois cas cet été).

Au-delà de ces digressions estivales, peut-on investir dans cette thématique de biodiversité ? Il existe quelques OPCVM et ETF investissant dans des entreprises proposant des solutions de traitement de l’eau, d’agriculture régénératrice, de contrôle de la pollution et de recherche d’alternatives au plastique. Il est également possible d’investir dans des groupements forestiers soutenant une gestion sylvicole durable, si l’on est prêt à avaler les frais. Enfin, certaines obligations vertes ou green bonds financent des projets de conservation d’écosystèmes. Comme toujours avec les thématiques à impact, la mesure est complexe et le produit opportuniste existe : n’hésitez pas à vous faire accompagner.

Talk to your AI tools the way you'd talk to a colleague.

You don't send a colleague a three-word brief. You explain the context, the constraints, what you've already tried. But typing all that into ChatGPT takes forever — so you don't.

Wispr Flow lets you speak your prompts instead. Talk through your thinking naturally and get clean, paste-ready text. No filler words. No cleanup. Just detailed prompts that actually get you useful answers on the first try.

Millions of users worldwide. Works system-wide on Mac, Windows, and iPhone.

Cet article ne constitue pas une recommandation d’investissement sur les thèmes ou les titres mentionnés.