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Le fardeau du carbone
Investir dans la transition énergétique

La décision de la cour suprême sur les droits de douane permet aux marchés de se redresser vendredi pour clôturer la semaine sur une note globalement positive, Europe en tête.
À mesure que les émissions augmentent, les standards de comptabilité carbone deviennent un facteur structurant pour les marchés.
Macro 🔭
Aux Etats-Unis, l’activité manufacturière montre de nouveau quelques signaux positifs : l’Empire State Manufacturing baisse marginalement, le Philly Fed rebondit, les commandes de biens durables sont un peu meilleures qu’attendu, et la production industrielle marque sa plus forte augmentation depuis 2022. Tout n’est pas rose cependant : l’indice des services de la Fed de New York s’effondre, le PMI composite de février signale la plus faible expansion de l’économie depuis avril dernier, et la première estimation de la croissance du PIB au T4 met en évidence un ralentissement marqué, portant la croissance annuelle à 2,2%, contre 2,8% en 2024. Les minutes du dernier comité de la Fed indiquent un biais restrictif inattendu : la plupart des membres considèrent la faiblesse de l’emploi en 2025 transitoire, et trouvent l’inflation encore trop élevée. Les données de la semaine ne démentent pas ce constat : baisse du nombre de nouvelles inscriptions au chômage, et inflation mesurée par le PCE à 2,9% (en décembre, vs 2,8% en novembre). Mauvaise semaine pour Trump : le déficit de la balance commerciale s’accroît en décembre, et la cour suprême juge les droits de douane réciproque illégaux.
Dans la zone €, la croissance de la production industrielle ralentit en décembre, et l’indice ZEW de confiance économique de février affiche une baisse. L’indice de confiance du consommateur se redresse marginalement sur des niveaux encore très déprimés. Tout n’est pas négatif, puisque le PMI composite se redresse après trois mois de baisse, la composante manufacturière revenant même en zone d’expansion. Christine Lagarde mettrait fin à son mandat avant son terme d’octobre 2027.
Au Japon, la première estimation de croissance du PIB au T1 déçoit un peu, mais les autres indicateurs de la semaine sont résolument positifs : les exportations de janvier accélèrent fortement, l’indice Tankan du climat des affaires dans la production manufacturée se redresse après trois mois de baisse, les commandes de machines-outils sont en hausse à deux chiffres, le PMI composite est supérieur aux attentes et proche d’un plus-haut de deux ans, et l’inflation ralentit. Le pays s’engage dans les investissements promis aux Etats-Unis, avec une première tranche de 36 Md$ dans l’énergie.
Pas de données officielles pour la Chine cette semaine en raison du Nouvel An. Les marchés de Chine continentale sont fermés jusqu’au 24 février, Hong Kong a rouvert jeudi. Pour les prédictions de l’année du cheval de feu, par secteur et par signe du zodiac, le Feng Shui Index de CLSA est toujours aussi décalé et créatif.
Micro 🔬
L’exceptionnalisme américain n’a pas tout à fait (encore ?) disparu : les données du Département du Trésor montrent que les investisseurs étrangers ont acheté plus de bons du Trésor, d’obligations et d’actions américaines en 2025 que l’année précédente.
Walmart publie de bons résultats, portés par la forte croissance des ventes en ligne. Les clients utilisant Sparky, le chatbot IA du distributeur, dépensent 35% de plus que les autres. Sur la santé des consommateurs, la direction note que le sentiment est plutôt déprimé, la croissance des ventes provenant essentiellement des ménages à revenus supérieurs à 100 000$, et espère que les remboursements d’impôts prévus cette année par l’administration auront un effet positif.
Les marchés de prédiction comme Kalshi et Polymarket, qui traitent désormais quelques milliards de notionnel par semaine, ont donné des idées à certains acteurs de la finance. Ainsi, Roundhill Investments a déposé une demande d’agrément auprès de la SEC pour 6 ETF destinés à couvrir les élections présidentielles et législatives. Par exemple, le Roundhill Democratic President ETF serait composé de dérivés dont la valeur irait à zéro si les Républicains gagnaient, 1 dans le cas contraire.
Berkshire Hathaway a vendu le trimestre dernier le solde de sa participation dans Arm Holdings et les trois quarts de ses actions Amazon, et acheté pour de plus de 300 M$ d’actions du New York Times.
Tesla peut reprendre la commercialisation de ses véhicules en Californie après avoir corrigé ce que l’Etat considérait être des pratiques commerciales trompeuses.
Meta Platforms, qui représente déjà près de 10% du chiffre d’affaires d’Nvidia, annonce son intention de déployer des millions de processeurs Nvidia au cours des prochaines années.
Dans la série grotesque des Bitcoin Treasury Companies, la palme revient sans conteste à ETHZilla (en attendant Larchevêque ?). Pour son nom et son objet (à l’origine une biotech dénommée 180 Life Sciences qui avait décidé d’acheter la crypto Ether), pas pour son actionnaire de référence, Peter Thiele, dont la société Founders Fund détenait en août dernier 7,5% du capital. Passé à l’époque de moins de 5$ à plus de 100$, le titre est revenu au-dessous de la case départ, après que la société a dû vendre ses Ethers pour payer sa dette et racheter ses actions. On apprend cette semaine que Founders Future a tout vendu. La société propose désormais un accès tokénisé au capital de jets en leasing via sa filiale ETHZilla Aerospace.
Warner Bros Discovery accorde une semaine supplémentaire à Paramount pour faire une offre finale, après avoir recommandé à ses actionnaires de voter pour Netflix.
Le titre du spécialiste de la dette privée Blue Owl Capital baisse encore de 10% cette semaine alors que la société annonce limiter les rachats de l’un de ses fonds et parvient à vendre un portefeuille de prêts de 1,4 Md$ quasiment au pair à quatre investisseurs, dont semble-t-il un assureur qu’il détient, afin de rembourser les investisseurs de son fonds Capital Corp II.
La minute innovation 🧚🏻
Alibaba dévoile Qwen 3.5, la dernière version de son LLM, qui peut analyser texte, photos et jusqu’à deux heures de vidéo.
Anthropic est en conflit ouvert avec le Pentagone, qui pourrait lui apposer l’étiquette « fournisseur risqué », en raison de son refus de lui accorder une autorisation d’usage illimitée. La société veut s’assurer que son IA ne soit pas utilisée pour espionner des Américains ou construire des armes autonomes. Elle ressort par ailleurs à un lobbying inhabituel en soutenant financièrement un candidat au Congrès favorable à une réglementation sur la sécurité de l’IA.
Apple accélèrerait le développement de ses wearables : smartglasses en 2027, pendentif servant de micro et de caméra pour l’iPhone, et AirPods équipés d’un appareil photo, dans les deux cas « always on ». Les trois seraient construits autour de l’assistant vocal Siri. Contrairement à Meta et Google, qui ont opté pour des partenariats (avec respectivement EssilorLuxottica et Warby Parker), les lunettes seront développées en interne.
OpenAI pourrait finaliser la première phase de son prochain tour de financement d’ici la fin du mois, levant 100 Md$ auprès de Softbank, Microsoft, Nvidia et Amazon. Pour les deux derniers au moins, le financement se ferait en contrepartie de l’achat de produits et services.
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Le fardeau du carbone 🏭
Selon gobalcarbonbudget.org, le budget carbone disponible si l’on veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C avec une probabilité de 50% correspond à 6 à 7 années d’émissions au rythme actuel. Sur une base 2023, soit un épuisement vers la fin de la décennie.
Dans le cadre de la CSRD et des normes ESRS, les entreprises concernées doivent publier leurs émissions de Scope 1 et 2 et, lorsque c’est jugé matériel, de Scope 3. L’obligation s’applique progressivement selon la taille et le statut de l’entreprise, avec une montée en charge échelonnée à partir des exercices 2024 et suivants. Depuis la fin de la COP 30, ExxonMobil communique largement sur sa remise en cause de certains standards en comptabilité carbone aujourd’hui largement utilisés, en particulier ceux intégrant les émissions de « Scope 3 ». Ce n’est évidemment pas l’acteur qu’on croirait le plus volontiers sur le sujet, mais le débat mérite d’être posé.
Le standard mondial de référence, le GHG Protocol, classe les émissions en trois catégories : Scope 1 (les émissions directes, celles causées par la production sur site), Scope 2 (les émissions indirectes liées à l’énergie achetée), et Scope 3 (tout le reste, que ce soit lié aux achats ou aux ventes ; dans le cas d’un pétrolier essentiellement l’essence brûlée par les voitures de ses clients). Au-delà du fait que cette approche fait porter au producteur les usages de ses consommateurs, elle mène à des doubles ou triples comptages, assumés par la méthodologie : dans ce cas précis, l’essence est comptée dans le bilan carbone du propriétaire de la voiture, dans celui du constructeur automobile, et dans celui du pétrolier. Par ailleurs, elle attribue à l’entreprise des émissions (celles du consommateur) qu’elle ne contrôle pas.
Exxon soutient une approche alternative, portée par la coalition Carbon Measures, qui compte des entreprises moins diabolisées que le pétrolier américain (Air Liquide par exemple), des universitaires et des cabinets d’audit, et vise à mesurer l’intensité carbone au niveau des produits plutôt qu’au niveau des entreprises, afin de mieux informer les consommateurs et orienter les décisions économiques. Cette méthode, inspirée du concept d’ « E-liability », propose d’attacher une intensité carbone mesurée au niveau du produit et de la transférer d’un acteur à l’autre le long de la chaîne de valeur, améliorant la traçabilité et créant des incitations économiques plus fines. Des E-ledgers sont déjà actifs : si une tonne de ciment d’Heidelberger Materials est produite avec du captage de carbone, sa « dette carbone » peut passer de 6 à 800 kilos (la moyenne mondiale, selon les procédés et la composition) à 200 kilos ; quand il vend sa tonne de ciment il transfère 200 à son client, qui est incité à payer plus cher son ciment puisqu’il lui permet de baisser sa dette carbone.
La différence majeure entre les deux approches est qu’avec le GHG Protocol, la réduction de son empreinte carbone par une compagnie pétrolière implique soit une baisse des volumes vendus, soit une transformation progressive du portefeuille énergétique, ce qui est peut-être souhaitable mais pas très réaliste à court terme, et qu’elle est moins granulaire, alors que l’e-liability permet de prendre en compte l’intensité carbone de la production (par exemple, les méthodes d’extraction ou de production de l’énergie), mais a l’inconvénient de transférer une partie de la responsabilité au consommateur final, qui à ce stade n’est pas tenu de compenser ses émissions de carbone, et dispose de moins de recul méthodologique.
Pour les entreprises comme pour les investisseurs, la question n’est plus théorique : le choix du cadre de mesure influence directement la perception du risque, la valorisation et l’allocation du capital. Dans ce contexte, on peut privilégier les stratégies d’investissement exposées aux infrastructures de transition et aux actifs liés à la décarbonation. Pour ceux qui souhaitent s’y positionner via un fonds ELTIF (liquidité hebdomadaire sous conditions), des informations sont disponibles sur ce lien.
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Cet article ne constitue pas une recommandation d’investissement sur les thèmes ou les titres mentionnés.

