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Retour sur investissement de l'IA: le défi de la rentrée

Hormis les valeurs domestiques chinoises, les indices terminent la semaine en territoire neutre à négatif. Les anticipations de baisses de taux de la Fed ne compensent pas la petite déception sur les objectifs d’Nvidia et la baisse de la confiance du consommateur américain, tandis que les errements politiques français et les données économiques mitigées fournissent le prétexte à des prises de bénéfices en Europe.
Les interrogations sur le retour sur investissement de l’IA persistent après un été qui a vu de nombreuses annonces à ce sujet.
Macro 🔭
Aux Etats-Unis, les indices d’activité manufacturière des Fed de Chicago, Richmond et Dallas restent mal orientés. La hausse des prix des logements ralentit encore, et les ventes et les permis de construire déçoivent. La confiance du consommateur s’effrite selon l’indice du Conference Board, s’effondre selon celui du Michigan (tandis que les attentes d’inflation augmentent), ce qui entraîne vendredi le retournement des marchés actions. Lors de la conférence de Jackson Hole en fin de semaine dernière, Powell avait laissé la porte ouverte à une baisse de taux en septembre en raison du fléchissement observé depuis trois mois sur le marché de l’emploi, déclarant également attendre un rebond de courte durée de l’inflation en raison des droits de douane. La publication vendredi du PCE, mesure d’inflation préférée de la Fed, va dans son sens puisque l’indice affiche 2,6% de hausse annualisée, comme le mois précédent, avec un rebond de l’inflation sous-jacente en ligne avec les attentes. Trump impose 50% de droits de douane à l’Inde. Vendredi, la cour d’appel des Etats-Unis juge la plupart des droits de douane imposés par Trump illégaux mais ne les remet pas en cause tant que les procédures judiciaires sont en cours.
Le climat des affaires en Allemagne (indice ifo) poursuit son rebond, même s’il est encore à des niveaux historiquement faibles. Sans surprise, la confiance des consommateurs français s’enfonce encore, et dans la zone € elle diminue aussi, de même que l’indice de sentiment économique. La plateforme de paris Polymarket affiche 90% de probabilité que Bayrou perde son vote de confiance. L’UE doit encore formaliser les engagements pris vis-à-vis de Trump pour arracher une maigre baisse à 15% de taxes à l’importation de véhicules européens. Face aux droits de douane de 39% imposés à la Suisse, plus de 30% des entreprises étudieraient la relocalisation de leur production dans l’Union Européenne.
Au Japon, l’inflation à Tokyo ralentit de nouveau. Malgré des chiffres d’emploi favorables (taux de chômage de 2,3% en août) et une hausse de l’indice de confiance du consommateur, les ventes au détail subissent un ralentissement marqué.
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Micro 🔬
Une dizaine de biotechs ont annoncé acheter des cryptos ces derniers mois, dans le but d’améliorer leurs valorisations, avec plus ou moins de succès. La première à lancer le mouvement, 180 Life Sciences (galaxie de Peter Thiele), a triplé après avoir annoncé détenir 350 M$ d’Ether. Et s’est renommée depuis ETHZilla. 🫨Le pionnier de la méthode, Strategy, peine ces derniers temps à financer ses achats de bitcoins et a dû recourir de nouveau à l’émission d’actions.
Le marché américain compte désormais plus d’ETF que de titres cotés.
Le bénéfice par action du S&P 500 est en hausse de 11% au deuxième trimestre (contre 4% attendus avant les publications, une surperformance due en partie à la baisse du $). Pour les Mag 7, c’est 26%. Quant aux rachats d’actions, ils affichent de nouveaux records : 1 000 Md$ annoncés depuis le début de l’année.
Le gouvernement américain acquiert une participation de près de 10% dans Intel pour 8,9 milliards de dollars. Cet investissement n'est pas de l'argent frais, mais une conversion en actions de subventions déjà allouées à l'entreprise dans le cadre du CHIPS Act et d'autres programmes. Cette prise de participation passive, sans droit de vote au conseil d'administration, vise à renforcer le contrôle américain sur un acteur jugé stratégique pour la production de semi-conducteurs et la sécurité nationale.
Les ventes de Tesla baissent de 42% en Europe en juillet. Le Chinois BYD y vend désormais plus de véhicules.
L'annonce par D. Trump d'une enquête de 50 jours sur les importations de meubles en vue d'appliquer de nouveaux droits de douane pénalise les distributeurs du secteur, de Wayfair à Restoration Hardware.
Keurig Dr Pepper annonce l’acquisition de JDE Peet’s et ses plus de cinquante marques de thé et café (dont L’Or ou Tassimo) pour 18,4 Md$.
Les résultats d’Alibaba sont relativement décevants en raison de la compétition féroce dans l’e-commerce en Chine : chiffre d’affaires en hausse de 2%, résultat net en hausse de 78% mais en baisse hors produits de cession de participations. Cependant, l’accélération notable de la croissance de la division cloud entraîne une hausse de 12% de l’ADR à New York (les résultats ont été publiés après la clôture du marché chinois). La société a également annoncé récemment développer ses propres puces IA.
La société danoise Orsted, déjà fragilisée par l’arrêt des nouveaux développements de fermes éoliennes off shore et l’annonce d’une énorme augmentation de capital, perd encore 16% en début de semaine à l’annonce que Trump stoppe le projet Revolution Wind, déjà construit à 80% au large de Rhode Island. La confirmation de l’augmentation de capital lui permet de finir la semaine en hausse (mais en baisse de 85% par rapport à son plus-haut de 2021).
EssilorLuxottica envisagerait d’augmenter sa participation dans le fabricant d’équipement optique japonais Nikon de 9 à 20% environ.
La famille Pinault cherche des options pour sa participation de 29% dans Puma.
La minute innovation 🧚🏻
Lovable, valorisée 1,8 Md$ au début de l’été, comptait alors 25 employés : The next unicorn might not hire anyone.
Découvrez l’éditeur d’images de Google qui fait le buzz (à juste titre) : Nano Banana, disponible via Gemini.
Le Chinois Unitree domine les premiers jeux mondiaux humanoïdes, conclus à Beijing il y a 10 jours, avec 11 médailles.
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Retour sur investissement de l’IA : le défi de la rentrée 🫧
Quelques jours après la publication des résultats trimestriels d’Nvidia, retour sur quelques éléments saillants de l’été de l’intelligence artificielle : forte demande, stabilisation des taux de croissance, questionnements sur le ROI et enjeux de souveraineté.
Coreweave, qui commercialise des plateformes cloud dédiées à l’IA, a publié le 12 août des résultats trimestriels aussi exceptionnels que son parcours boursier depuis l’introduction en bourse fin mars, avec un chiffre d’affaires multiplié par trois par rapport au deuxième trimestre 2024 (mais une perte nette largement inchangée). Coreweave a pour principal fournisseur Nvidia, et pour principal client OpenAI, ses résultats sont donc scrutés à raison. L’objectif d’un chiffre d’affaires à peu près stable au T3 par rapport au T2, couplée à la fin du lock-up (période pendant laquelle les investisseurs historiques ne peuvent pas vendre leurs titres), a entraîné une forte chute du titre, actuellement 35% au-dessous du cours coté la veille de l’annonce. Si la direction mentionne que la demande accélère et est très supérieure à l’offre (contrainte notamment par l’accès à l’électricité), force est de constater qu’avec 2 à 3 Md$ d’EBITDA attendu pour l’année, contre 20 à 23 Md$ de capex, certes avec un backlog de 30 Md$ et des clients et actionnaires stratégiques (dont Microsoft et OpenAI), mieux vaudrait que le marché ne ralentisse pas.
Ensuite, après avoir relevé de 10% ses attentes de capex annuel pour l’IA lors de la publication des résultats du deuxième trimestre et recruté des spécialistes à prix d’or, Meta, présumé être avec Microsoft l’un des plus gros clients d’Nvidia (les deux représenteraient 39% du chiffre d’affaires), a annoncé fin août un gel des embauches dans son « Superintelligence Lab ». Et le MIT a publié une étude selon laquelle 95% des entreprises américaines n’avaient observé aucun retour sur leur investissement dans l’IA.
Enfin, les résultats d’Nvidia déçoivent (à la marge). 56% de croissance de chiffre d’affaires, une prévision de croissance du même ordre de grandeur pour le prochain trimestre (hors vente des puces H20 à la Chine, réautorisées par Trump mais encore dans un vide juridique), et un dirigeant qui annonce attendre 4 000 Md$ d’investissements dans l’infrastructure IA d’ici 2030 alors qu’auparavant il mentionnait 1 000 d’ici 2028, tandis que 2025 devrait s’établir à 600 Md$ : rien à redire sur les perspectives à long terme ; cependant, un objectif de dépenses opérationnelles revu à la hausse, une déception sur les ventes à la Chine (après l’annonce d’un accord avec Trump pour que celles-ci soient taxées à 15%, le marché attendait un redémarrage), et des attentes très élevées entraînent une réaction boursière négative.
En conclusion, au-delà des interrogations, légitimes compte tenu des valorisations atteintes, sur la poursuite de l’hyper-croissance, la souveraineté tient une place non négligeable dans le discours de Jensen Huang post-résultats : appel non déguisé à une relaxation des règles d’exportation vers la Chine afin que « les Etats-Unis établissent le standard global de l’IA », 20 Md$ de chiffre d’affaires provenant déjà de commandes de gouvernements, et mention des 20 Md€ d’investissements prévus par l’UE pour construire 20 « usines IA » (dont 5 gigafactories), qui seront sans nul doute basées sur des technologies américaines. Tandis qu’Alibaba d’une part, DeepSeek et Huawei d’autre part, travaillent sur des alternatives aux GPU d’Nvidia, et que Cambricon Technologies, concurrent direct, bénéficie du soutien du gouvernement chinois.
Cet article ne constitue pas une recommandation d’investissement sur les thèmes ou les titres mentionnés.