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Remise en circulation
Investir dans le recyclage du plastique

A l’exception du Japon, de Taiwan et du Nasdaq, les places boursières mondiales clôturent la semaine en baisse, plombées par la fermeté des banques centrales et la remontée des rendements obligataires.
La hausse des prix du pétrole pourrait-elle donner un nouvel élan au recyclage du plastique ?
Macro 🔭
Aux Etats-Unis, la Fed de Kevin Warsh passe sa première augmentation de taux depuis 2023, asseyant la crédibilité de la Fed en allant à rebours de la volonté maintes fois exprimée ces derniers jours de Donald Trump. Les options pricent trois hausses supplémentaires d’ici fin 2027. L’activité mesurée par les indices des Fed de New York et Philadelphie ralentit significativement. Le consommateur est en revanche toujours là, porté par des données d’emploi toujours plutôt positives, et les ventes au détail accélèrent, à rebours de ce qu’on observe à peu près partout dans le monde. L’indice NAHB de sentiment dans l’immobilier se rapproche encore des plus-bas dont il s’éloigne rarement depuis six ans, et permis de construire et mises en chantier baissent significativement. Le Sénat bloque le CLARITY Act, projet de loi destiné à clarifier le cadre réglementaire des cryptoactifs, notamment la répartition des compétences entre la SEC et la CFTC, en raison de désaccords sur les conflits d’intérêts des responsables politiques et la rémunération des stablecoins. Pour l’anecdote, Trump a réalisé 28 700 opérations de bourse en 17 mois, plus que l’ensemble des membres du Congrès.
Dans la zone €, l’indice de sentiment économique ZEW se dégrade en septembre. L’inflation ressort à 3,2% en dernière lecture pour le mois d’août, les prix de l’énergie augmentant de plus de 14%. Le Canada pourrait devenir membre associé de l’UE, au grand dam de Trump qui menace l’Europe de nouvelles taxes.
Au Japon, l’inflation est stable en août à 1,9%. La BoJ relève ses taux de 0,25% à 7 voix contre 2 et la plupart des gouverneurs s’expriment en faveur d’une poursuite du resserrement.
En Chine, les indicateurs de la semaine sont mitigés : en positif, la contraction du prix des logements neufs ralentit un peu (ils baissent quasiment sans discontinuer depuis plus de 4 ans) et la croissance de la production industrielle accélère. En négatif, la croissance des ventes au détail ralentit et le taux de chômage passe de 5,2 à 5,3%.
Au Brésil, l’indice d’activité économique progresse de 1,1% (annualisé) en août. Les prix agricoles enregistrent un rebond notable attribué à El Niño. La banque centrale baisse ses taux de 0,25%.
Micro 🔬
Intel et SK Hynix voient leurs titres progresser en raison de rumeurs relayées par la presse financière selon lesquelles les deux sociétés envisageraient un partenariat afin de fabriquer des puces mémoire avancées (notamment destinées à l’IA) sur le territoire américain. SK Hynix déclare dans la foulée qu’aucune décision n’est prise. La loi coréenne protège ses technologies clef, tandis que l’Amérique de Trump exige une production sur son sol. Deux logiques antagonistes qui compliquent la tâche des sociétés et illustrent bien la guerre économique actuelle, et l’importance de la propriété intellectuelle d’une part (ici chez SK Hynix), et des capacités de production d’autre part (les usines d’Intel). Innovation et réindustrialisation.
Lors du All-In Summit, lundi 14 septembre, Elon Musk a relancé les spéculations sur une fusion entre Tesla et SpaceX. Interrogé sur les raisons pour lesquelles les deux entreprises restent distinctes malgré leur collaboration croissante, il n’a pas exclu un rapprochement. Les synergies industrielles se multiplient, notamment autour de Terafab, leur projet commun de fabrication de semi-conducteurs destinés à l’IA, aux véhicules autonomes et à la robotique ; assorties d’un partage des coûts et des bénéfices entre les deux groupes qui soulève des questions de gouvernance. SpaceX ayant déjà absorbé xAI en février, une fusion permettrait de réunir au sein d’un même groupe les activités spatiales, l’IA, l’automobile et la robotique. Et de consacrer les maigres cash-flows de Tesla aux investissements considérables de SpaceX (25 Md$ de free cash-flow négatif au premier semestre) ?
Volkswagen fait un profit warning, ramenant sa prévision de marge opérationnelle pour 2026 de 4-5,5 % à 1 % au maximum. En cause : les coûts de restructuration, les difficultés du marché chinois (en baisse marquée cette année), et surtout une dépréciation de 6 Md€ du goodwill de Porsche, conséquence d'une révision à la baisse des perspectives de rentabilité du constructeur. La marque de luxe, dont la marge opérationnelle atteignait encore 14,1 % en 2024, souffre de la baisse de la demande chinoise (y compris en raison de l’apparition de marques locales désirables sur son segment de marché) et des droits de douane américains. Volkswagen subit parallèlement la concurrence des constructeurs chinois en Europe et l'accélération des ventes de véhicules électriques, moins rentables que les modèles thermiques.
La minute innovation 🧚🏻
Dans la lignée de notre focus de la semaine dernière sur les avancées vers l’AGI, cet article reprend l’épisode de l’attaque de Hugging Face par 1 200 agents censés opérer indépendamment, dont 700 se sont coordonnés pour réaliser par tous les moyens les tâches qui leur étaient confiées.
Et si les IA avaient un subconscient ? Découvrez les coulisses de l’expérience d’Anthropic (5 min de lecture/vidéo, et pas les moins bien utilisées de votre semaine).
SpaceX lance sa quatorzième mission Starship le 22 septembre, avec pour objectif cette fois de mettre la navette sur orbite.
Remise en circulation ♻️
La hausse des prix du pétrole pourrait-elle donner un coup de pouce au recyclage du plastique ? La plupart des plastiques sont encore fabriqués à partir de matières premières fossiles : naphta issu du raffinage du pétrole, mais aussi éthane et propane provenant du pétrole ou du gaz, transformés notamment en éthylène et propylène avant d’être polymérisés. Une hausse du brut peut donc renchérir le plastique vierge et réduire l’écart de prix avec le recyclé. C’est ce qui s’est produit cette année : sous l’effet du choc pétrolier, certains prix spot de polymères vierges ont doublé en quelques semaines, poussant certains acheteurs à se tourner vers les matières recyclées. L’effet a été de courte durée, les importations accrues et les surcapacités mondiales, notamment chinoises, ayant de nouveau pesé sur les prix, tandis que le coût de revient du plastique recyclé en Europe supporte les coûts de main d’œuvre locaux et une consommation élevée d’électricité et de gaz.
Les conséquences de la pollution au plastique sont bien documentées : accumulation durable dans les sols, les rivières et les océans, nuisances pour la faune, et fragmentation en microplastiques dont on commence seulement à mesurer les effets sur la santé. Sans compter l’impact sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre : le PNUE estime que le cycle de vie du plastique en explique 3%. Réduire les volumes, réemployer davantage et recycler ce qui ne peut être évité sont donc trois leviers complémentaires.
La technologie de recyclage la plus utilisée (99% des capacités dans l’UE) est le recyclage mécanique, qui consiste à laver, trier et broyer le plastique et à le refondre en granulés. Assez peu gourmande en capex et peu émettrice de CO2, elle présente néanmoins l’inconvénient de ne pouvoir être utilisée qu’un nombre limité de fois avant que le plastique ne devienne impropre à l’usage, et de ne pas bien fonctionner sur les emballages multicouches ou complexes. Le recyclage chimique est très capitalistique et son bilan carbone est variable. Le recyclage enzymatique est très prometteur écologiquement : des enzymes spécifiques, introduites dans un réacteur avec le plastique broyé et de l’eau à une température modérée (65 à 70°C), décomposent le PET en ses deux monomères, qui peuvent ensuite servir à fabriquer à nouveau du PET (utilisé dans les bouteilles y compris opaques, barquettes multicouches, vêtements en polyester etc), avec un recyclage en théorie possible à l’infini. Economiquement, il n’est pas encore déployé commercialement à grande échelle.
9% des déchets plastiques sont recyclés dans le monde selon l’OCDE. Le reste finit en décharge, incinéré ou dispersé dans la nature. Le plastique recyclé coûtant plus cher, des incitations sont nécessaires. L’Union européenne, via le règlement PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), oblige les industriels à intégrer un pourcentage minimal de plastique recyclé dans chaque emballage et impose que tous les emballages soient recyclables d’ici 2030. L’ONU tente de faire aboutir une réglementation mondiale, mais les Etats-Unis et plusieurs pays producteurs de pétrole refusent pour l’instant de limiter la production de plastique neuf.
Le marché du plastique est évalué à 650-700 Md€, dont moins de 10% pour le plastique recyclé on l’a vu. L’opportunité économique est donc considérable, à condition que la réglementation et les financements fournissent le coup de pouce nécessaire. L’exemple des fondateurs danois de Lego, qui dédient 1,6 Md$ (environ 5% de leurs investissements) à la climate tech, est à cet égard significatif : il envisage d’augmenter significativement ses investissements dans les technologies de recyclage du plastique au cours des prochaines années, partant du principe que si la filière n’est pas économiquement viable à l’heure actuelle, l’obligation de recycler permettra d’assurer la transition vers une industrie autonome.
En attendant, la priorité est de supprimer les emballages inutiles, de développer le réemploi et d’utiliser des matériaux plus adaptés à une économie circulaire (carton, aluminium, verre selon les usages et les circuits de production et de distribution). La réglementation européenne impose d’ailleurs également une réduction des emballages de 5% par habitant d’ici 2030 (par rapport à 2018). L’investisseur peut s’exposer au thème via les sociétés, cotées ou non cotées, développant les technologies de recyclage, ou celles qui commercialisent les emballages de substitution.
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Cet article ne constitue pas une recommandation d’investissement sur les thèmes ou les titres mentionnés.

